Questions – Réponses

questions-réponses

Les réponses du Dr Christian Gay, psychiatre

  • J’aurais aimé savoir s’il y a une possibilité pour que la maniaco-dépression soit héréditaire ?

Cette maladie est multidéterminée. Il existe des facteurs de vulnérabilité génétique. Ceci signifie que lorsque l’on a un parent atteint, on a un risque de 10%. En revanche, vous avez quand même 90% de chance de ne pas avoir le trouble. L’environnement joue un rôle de détonateur chez quelqu’un qui aura cette prédisposition génétique.

  • Comment diagnostiquer une personne pour savoir si elle est bipolaire ?

Le diagnostic est posé à partir de la symptomatologie maniaque : excitation, euphorie, perte du sommeil, désinhibition, accélération de la pensée, optimisme, achats excessifs, excès en tous genres, et les phases dépressives qui alternent. Il existe des intervalles libres entres les épisodes aigus. Le diagnostic tient compte aussi des antécédents familiaux et personnels, du tempérament sous-jacent.

  • Quels sont les facteurs précis (environnement) qui peuvent déclencher un trouble bipolaire ?

En première ligne les antidépresseur, les toxiques, les situations de surmenage, le manque de sommeil, la répétition d’événements pénibles ou stressants.

  • Comment différencie t-on un maniaco-dépressif d’un dépressif s’il ne raconte pas ses épisodes maniaques ?

La dépression dans le trouble bipolaire se caractérise par une augmentation du temps de sommeil (hypersomnie), un appétit excessif (hyperphagie), un ralentissement, une fatigue, une irritabilité.

  • Des troubles bipolaire avec bouffées délirantes est-ce bien plus grave et dangereux ?

Il y a très souvent une confusion entre manie et bouffée délirante. Une personne en phase manique est souvent halluciné et délire (les thèmes sont souvent mystiques, mégalomaniaques et persécutifs). Donc, on peut dire aujourd’hui que le caractère délirant du trouble n’est pas un facteur de gravité sauf lorsque le délire peut provoquer des comportements dangereux.

  • La rTMS (stimulation magnétique transcraniale) est-elle efficace quand on est unipolaire ?

Oui.

  • Pourquoi l’entourage n’est-il pas systématiquement pris en charge lors des gros épisodes de la maladie ? D’autant plus que l’entourage a une autre vision de la maladie que la personne bipolaire ?

Cela va évoluer, de plus en plus les proches sont impliqués dans la prise en charge. Préciser le rôle, réduire les conflits, participer à la régularité des rythmes etc.

  •  Je suis stabilisé depuis 12 ans, sous Tégrétol® et Tercian®. Hygiène de vie forte. Me faut-il envisager le traitement à vie ? (j’ai 65 ans, et les effets secondaires se font sentir)

C’est une affaire de bénéfice/risque. Peut être qu’un ajustement à la baisse peut s’envisager ?

  •  Le Lithium est-il vraiment le traitement adapté ?

Le lithium est le traitement de référence. Les posologies conseillées aujourd’hui sont inférieures à celles d’il y a 10 ans. De ce fait il y aura moins de risque de toxicité ou d’effets indésirables.

  • Comment détecter cette maladie ?

Cassure par rapport à l’état antérieur, évolution cyclique, antécédents familiaux, tempéraments hypersensible…

  • Je suis bipolaire et sous traitement. J’ai l’impression de toujours devoir me battre, me forcer à faire les choses. Est-ce normal de ressentir cela ?

L’important est d’arriver aussi à un lâcher prise, une approche de relaxation ou de mindfulness pourra vous aider.

  • Le Tegretol® peut-il rendre agressif ?

A priori non au contraire, il est anti-agressif.

  • La bipolarité va-t-elle souvent de pair avec l’alcoolisme ?

Dans plus de 50 % la maladie bipolaire est associé à un alcoolisme.

  • A quel age peut-on détecter la maladie ?

Le plus souvent cette maladie commence entre 15 et 25 ans.

  •  Je suis bipolaire depuis mon adolescence et je voudrai savoir à quoi sert la thérapie familiale ? D’autre part, le Centre Hospitalier Charles PERRENS à BORDEAUX est-il spécialisé dans ces troubles là ?

Résolution des conflits, meilleure communication, situer le rôle de chacun. Le Ch. Perrens est spécialisé dans ce trouble.

  • Quel est le taux de suicide chez les bipolaires?

10 à 15% chez les patients non stabilisés.

Non car on induit une autre dépendance qui peut constituer un autre facteur de fragilisation.

  • Vous dites que les antidépresseurs font partie des facteurs environnementaux pouvant déclencher un trouble bipolaire. On peut donc transformer un trouble dépressif en trouble bipolaire ?

Dans certains cas l’AD déclenche le trouble. Ces troubles correspondent au type III.

  • Quels sont les risques pour un bipolaire non traité ?

Suicide, marginalisation, désocialisation, accélération des cycles…

  • Son état de crise passé, le malade est-il conscient de ses égarements précédents ? Et pendant sa crise?

Pendant une crise maniaque, il n’y a pas de conscience du trouble.

  •  Quel sont les différents types de trouble bipolaire ?

Les I correspondent à des états maniaques + ou – des dépressions. Les II sont des états d’hypomanies (excitation modérée) et des dépressions. Les III sont des BP induits par des traitements, Les IV sont des tempéraments exaltés (hyperthymiques qui font des dépressions).

  •  Sous Lithium, impossible d’avoir un bébé, trop dangereux. Y a t-il un autre traitement ou faut-il tout arrêter le temps de la grossesse ?

Le Lithium peut être réduit. Le Lamictal® et le Zyprexa® sont les alternatives.

  •  Est-ce que un bipolaire est conscient qu’il manipule, ment et fait du mal à son entourage ?

Cela fait partie de la maladie. Il joue et est souvent impitoyable.

  • La prise en charge familiale est-elle vraiment conseillée compte tenu des passages conflictuels ?       

Pas dans tous les cas; il existe des prises en charges familiales structurées et destinées aux bipolaire associé à des mesures psychoéducatives (FFT ou Family focused traitement).

  •  Y-a-t-il un centre de référence à Bordeaux pour le diagnostic de bipolarité ?

Le service du Pr Verdoux est spécialisé dans ce type de troubles et la schizophrénie.

  •  Le traitement médical dans le cas de trouble bipolaire est-il lourd à supporter (effets indésirables) ?

L’important est d’ajuster la posologie et surveiller les effets secondaires.

  • Comment distinguer schizophrénie et maladie bipolaire ?

La schizophrénie est une maladie chronique avec une désorganisation de la pensée, la bipolarité est périodique avec une pensée qui s’accélère ou se ralentit.

  •  Je suis bipolaire, y a-t-il un centre spécialisé sur Caen pour ces troubles ?

Le servie du Pr Dolffus connait bien ce type de troubles.

  •  Y-a-t-il un centre de référence à Strasbourg pour le diagnostic de bipolarité ?

Service du Pr Danion.

  • Comment traiter des TOCS et la bipolarité ?

Difficile car les antidépresseur peuvent aggraver l’évolution de la maladie. Les TCC sont très utiles. Ne pas renoncer aux thymorégulateurs.

  •  Les capacités intellectuelles décuplées pendant une phase maniaque peuvent-elles permettre la résolution (sans connaissances préalables) d’un Rubik’ s cube (c’est ce qu’affirme ma femme, malade) ?

Le plus souvent il existe une fuite des idées et une distractibilité qui rend difficile la concentration.

  • Comment être sûr qu’un bipolaire est correctement suivi ? Car le mensonge fait partie de son comportement. Puis-je rentrer en contact avec son psychiatre ?

Il est important qu’il y ait un travail à trois. Le conjoint est un aidant. Il peut participer au projet thérapeutique.

  • Existe-t-il un centre spécialisé sur Marseille ?

Service du Pr Azorin.

  • Pour le type 3, qu’entendez-vous par phases pathologiques ? Maniaques et mélancoliques ou l’un ou l’autre ?

Il y a des dépressions mais la manie est le plus souvent déclenchée par les antidépresseurs.

Non c’est au contraire une garantie contre un virage maniaque.

  • Quel est le traitement du type II ?

Le même que le type I mais le Lamictal® peut être plus utile dans la mesure ou la dépression est au premier plan.

  • Je voudrais savoir s’il existe une composante génétique à la PMD. En effet, la mère biologique de mon frère (adoptif) était PMD (et sous traitement pendant la grossesse). Existe-t-il un risque pour mon frère ?

Le risque est plus élevé lorsque l’on a un parent touché mais il existe 90% de chance qu’il ne se passe rien.

  • J’ai entendu parler de bipolaire saisonnier. Y a-t-il d’autres facteur qui déclenchent les cycles ?

Il existe des formes saisonnières avec des dépression en automne et des montées au printemps.

  • Ma mère 59 ans vit seule et elle est bipolaire. Moi aussi je suis bipolaire, 38 ans en couple et 2 enfants. Est-ce que je peut hospitaliser ma mère en cas de très grosse crise et la mettre sous tutelle pour éviter qu’elle ne fasse des dépenses excessive qu’elle regrettera après ?

Oui.

  • Le psychiatre de mon mari se fiche pas mal de ce qui se passe à la maison, il ne tient aucun compte de ce que je peux lui dire. De toutes les façons, mon mari lui dit que tout va bien et il le croit. Que faire ?

Écrivez lui, et sensibilisez votre mari, rencontrez un psychiatre qui pourra se mettre en rapport avec le psy de votre mari.

  • En moyenne, combien de temps (d’années) faut-il pour qu’un bipolaire (de type III par exemple) soit stabilisé ?

C’est variable, cela dépend du contexte social, du nombre d’épisodes antérieurs, du bon choix de thymorégulateur.

  • Le fait d’être bipolaire peut-il avoir eu un impact sur la scolarité du fait d’une concentration difficile même si la maladie n’est diagnostiquée qu’après 50 ans ?

Oui d’où la nécessité de choisir des produits qui entrainent peu d’effets sur les fonction intellectuelles.

  • L’environnement stressant dans lequel nous vivons peut-il aggraver les symptômes du bipolaire ?

Oui, c’est un véritable détonateur.

  • Quel est le risque de traiter avec des antidépresseur un patient atteint de trouble unipolaire ?

Si ce sont des vrais unipolaire, le risque de bipolarisation est faible.

  •  Je suis diagnostiquée comme bipolaire (hypomaniaque) depuis 5 ans, j’en ai 42, traitée par Lamictal® pour des troubles mixtes. Puis-je espérer que la sophrologie dont j’ai fait mon métier depuis peu puisse m’aider à me sevrer un jour de tout traitement ? Mes troubles se réduisent à de l’euphorie et à des dépressions suite à des événements de la vie (pas de comportement compulsifs ou conduite à risque).

On est face à des troubles neurobiologiques. La relaxation seule ne peut protéger contre la maladie.

  •  Peut-on tout accepter d’un bipolaire ?

Question difficile. Mais vous ne pouvez accepter les excès qui vous conduiront aussi à votre perte…

  •  Dans l’entourage familial, comment faire accepter la maladie et dans le cas ou il y a refus, que faut-il faire ?

Avoir un autre regard sur le trouble, en discuter lors des intervalles libres, faire intervenir votre médecin généraliste.

  •  A quel stade les bipolaire arrêtent de travailler et sont reconnus comme handicapés ?

En règle général après trois ans d’arrêt de maladie.

  •  Les bipolaires peuvent-ils être considérés comme handicapés et avoir des indemnités ou aides ? Je suis commerçante, bipolaire et je ne peux pas être hospitalisée car droit à rien, comment faire ?

On est face à une maladie invalidante qui donne droit à une reconnaissance d’adulte handicapé et le plus souvent à une invalidité deuxième catégorie (80%).

  •   Y a-t-il un centre du côté de Périgueux en Dordogne ?

Le mieux c’est Bordeaux.

  •   Combien de temps au maximum peut durer la phase dépressive ?

Le plus souvent six mois.

  •  Pourquoi est ce qu’il y a tant de maladies bipolaires bordeline TDA qui se ressemblent et autant de psy qui disent : vous êtes juste un peu déprimé… Où sont les bons psy ?

Les borderlines peuvent présenter des troubles bipolaires et des syndromes d’hyperactivité. Les diagnostics ne sont pas bien connus.

  • Guérit-on de la bipolarité ?

On stabilise ce trouble. Après 5 ans de rémission, on peut discuter une réduction du traitement. Mais cela dépend de plein de critères dont la gravité du trouble, les antécédents familiaux, l’environnement, les enjeux..

  • Les hallucinations sont-elles fréquentes chez les Bipolaires ? L’alcool les augmente ?

50% des maniaques ont des hallucinations.

  • Quels sont les règles d’hygiène que vous nous conseillez ?

Sommeil régulier 7 à 9 h, régularité des rythmes sociaux, éviter les situation de surmenage, s’exposer à la lumière le matin dans la mesure du possible, avoir une activité physique, faire des poses, éviter les excitants…

  •  J’habite dans la Drôme ma dernière phase dépressive a duré 9 mois, je suis à bout je vais me suicider si je ne trouve pas d’interlocuteur pour m’aider.

Vous avez un spécialiste à Lyon le Dr Cialdella.

  •  L’agressivité fait-elle partie de la maladie ?

Oui dans les phases dépressives et dans les phases d’exaltation.

  • Vos indications sur la sismothérapie ou électrochocs !

Les ECT sont très utiles dans les formes graves de dépression, en cas de résistance au traitement et lorsque les tous les thermorégulateurs ont été essayés. C’est probablement l’un des meilleurs traitement.

  • Quelles autres addictions autre que l’alcool chez les bipolaires ?

Les drogues et le tabac.

  •  Un regard nostalgique vers la passé est-il un symptôme de bipolarité ?

C’est dur de renoncer au statut de champion (lorsque l’on est en phase maniaque).

  • J’habite dans la vienne, où puis-je consulter ?

DR Jean Albert Meynard à La Rochelle.

  • Je suis bipolaire depuis longtemps mais je le sais depuis l’âge de 17-18 ans suite à une hospitalisation en psychiatrie ! Je vis en couple et nous désirons avoir un enfant mais nous nous posons des questions sur l’hérédité de la maladie ou les conséquences sur le vie de l’enfant ?

Il n’y a pas de gène identifié, en revanche comme pour la majorité des maladies, il existe plusieurs gènes de vulnérabilité qui peuvent être en cause. Mais ce n’est pas suffisant pour déclencher la maladie. La personnalité et l’environnement jouent aussi un rôle déterminant, tout cela pour dire que rien n’est déterminé et cela ne peut contre-indiquer un projet de grossesse.

  • Un animal peut-il être bipolaire ?

Je n’en ai jamais vu, déprimé par contre oui.

  • Je suis une ancienne boulimique mais jusqu’à octobre dernier je me faisais vomir dès qu’une angoisse me submergeait, j’ai eu une enfance avec de la violence maternelle, je suis détectée bipolaire depuis un an mais le suis-je réellement ? Aucune violence sur personne sauf sur moi ? Toujours gentille.

Il existe certaines similitudes entre les états limites et trouble borderline et les troubles bipolaires. On retrouvé dans les troubles borderline, une instabilité de l’humeur et un état de mal-être permanent avec une très mauvaise estime de soi et des conduites à risque. Lorsqu’on reprend l’histoire de ces patients on se rend compte qu’ils ont été victime de psycho traumatismes durant leur enfance (agressions sexuelles, violence, séparation carence affective).

  • Mon mari est dépressif beaucoup de sautes d’humeurs… Il n’a aucune confiance en lui, pense que tout le monde est contre lui, conflit avec collègues de travail etc… Il a plusieurs fois changé de psychiatre pourrait-il être bipolaire ?

Difficile de répondre à cette question, il est important qu’il y ait une consultation avec un spécialiste de la maladie.

  • Ma mère a cette maladie, et ce qui est dit dans le reportage lui ressemble vraiment (lors de ces phases de maladie => + d’appels téléphoniques, plus de dépenses d’argent au point d’être en négatif, et un caractère très irritant). Comment réagir en cas de conversation irritante ?

Eviter les conflits, éviter d’accentuer l’irritabilité. L’important est d’arriver à calmer le jeu, rester calme.

  • Ma belle-sœur, traitée en Russie, souffre de bipolarité depuis un an. Chez elle, la maladie a été diagnostiquée comme s’associant avec l’érotomanie. Concrètement elle imagine que tout le monde est amoureux d’elle en phase maniaque. En France, quel serait son traitement ? Lithium aussi ?

Oui le lithium mais il existe aussi d’autre stabilisateurs d’humeur. La désinhibition sexuelle est assez caractéristique de la maladie.

  • Je suis bipolaire type 2 traitée par valproate de sodium 1g par jour et je souhaiterais avoir un enfant mais je ne peux arrêter mon traitement. Que me conseillez-vous ?

Le valproate de sodium est contre-indiqué pendant la grossesse, mais il existe des alternatives thérapeutiques, vous pouvez en parler avec votre médecin. L’idéal serait d’arrêter ce traitement, mais chaque cas est particulier.

  • Je suis bipolaire (confirmé par un psychiatre), ma précédente psychiatre m’avait, elle menti sur ma maladie, car mon père en est gravement atteint. Même si le dialogue s’est renoué avec un autre psychiatre, je voudrais vous demander pourquoi on me cache la gravité de ma maladie ?

Cette maladie peut s’exprimer différemment. La notion de gravité doit être relativisée. Chaque cas est particulier. Il n’y a pas lieu de dissimuler la maladie mais d’apporter le maximum d’information sur les causes, les manifestations de rechutes, les risques.

  • Mon amie bipolaire me rejette toujours la faute. Comment faire pour que cela disparaisse ?

Une thérapie familiale peut être bénéfique. Elle pourrait déjà s’initier avec son psychiatre traitant qui pourra donner des informations générales, en particulier sur cette dimension excessive qui peut conduire la personne à fonctionner sur un mode agressif en rejetant la faute sur l’autre.

  • Est-il vrai que le Lithium entraine des dangers rénaux ?

Ils ont été constatés chez des patients qui prenaient d’autres traitements et surtout lorsque le dosage de lithium était trop élevé. Il est nécessaire de surveiller la fonction rénale très régulièrement.

  • Y a-t-il des groupes de paroles, comme celui présenté dans l’émission, sur Toulouse ? Puis-je avoir le nom d’un psychiatre compétent sur le 31, car malheureusement, après 10 ans de suivi, je ne trouve rien de bien concluant ?

Il existe dans le service du Pr Schmitt à Toulouse une approche psycho-éducative.

  • Ces moments d’excitation sont supers, je suis super confiant, je parle facilement et suis à l’aise partout ! Les moments de déprime sont durs par contre. Puis-je faire en sorte de n’être qu’au top sans suivi ou un suivi est indispensable ?

Le suivi est indispensable car lorsqu’on est au top on se met en danger. Et le plus souvent la descente est douloureuse du fait de la dépression. On ne peut fonctionner à 200km/h en permanence.

  • Peut-on après avoir interrompu son traitement recommencer avec un autre psychiatre et revoir le traitement et le stade de la maladie ? J’ai arrêté car le Lamictal® me faisait vomir à chaque prise !

Oui bien évidemment, une réévaluation est toujours possible avec une reconsidération du traitement.

  • Que faire si un proche ne veut pas prendre ses médicaments et ne se considère pas comme malade ?

C’est l’un des problème récurrent : Faire accepter la réalité du trouble, se faire aider par un médecin qui soulignera tous les avantages du tout par rapport à la maladie.

  • Si les phases d’inhibition ne s’expriment pas dans l’excès générant des problèmes mais juste par le fait d’être très à l’aise pour une timide, peut-on parler de bipolarité, et si oui cela peut-il s’aggraver avec le temps ?

La bipolarité se caractérise aussi par une cassure par rapport à l’état antérieur, laisser évoluer le trouble expose au risque d’une aggravation. Un timide qui devient expansif doit faire discuter ce trouble.

  • J’ai 24 ans et un trouble bipolaire, disons plutôt troubles de l’humeur qui commençaient à s’installer, m’a été diagnostiqué par un psychiatre quand j’avais 19 ans environ. Je voulais savoir si c’est possible d’en guérir complètement étant sujette encore parfois à des troubles s’y apparentant ?

Il faut tout mettre en œuvre en appliquant des règles d’hygiène de vie et en faisant attention à soi.

  • Détectée bipolaire à 60 suite à problème travail puis dépression, sous traitement depuis. Troubles légers plutôt d’ordre cyclothymique, mon psy dit qu’il me faudrait un traitement à vie, (fluoxétine, oxcarbazépine) est-ce exact ? Pourrais-je un jour arrêter ? Existe t-il vraiment des troubles bipolaires ?

Il existe des formes tardives qui impliquent de faire un bilan organique à la recherche d’une cause physique. Mais les antidépresseurs sont suffisants pour faire rentrer dans la maladie.

  • Est-ce qu’un bipolaire peut entendre (ou croit entendre) des voix ?

Les hallucinations son fréquentes lors des épisodes maniaques.

  • Depuis 5/6 mois je fais des dépenses alors que je n’en ai pas les moyens, j’ai l’impression de lutter pour ne pas dépenser est-ce que cela fait partie d’un trouble bipolaire ?

Les achats inconsidérés s’ils sont associés à une accélération de la pensée et à une insomnie peuvent être évocateurs de ce trouble.

  • Est-ce vrai que des antidépresseurs tel le venlafaxine prescrit pendant des années peuvent majorer les troubles bipolaires (non diagnostiqués à l’époque) à la longue au lieu d’aider la personne ?

La plupart des antidépresseurs peuvent aggraver le trouble bipolaire d’où la nécessité de les prescrire le moins longtemps possible.

  • Un antidépresseur seul et léger suffit-il à calmer des troubles bipolaires ?

Pas convaincu, le traitement de fond reste le thymorégulateur.

  • De quel bilan organique voulez vous parler ? En quoi les antidépresseurs peuvent-ils faire entrer dans la maladie ?

Il faut rechercher une cause neurologique et endocrinienne. Il faut distinguer les antidépresseurs qui ont un effet sur la dépression et les thymorégulateurs qui stabilisent l’humeur.

  • Pourquoi certains thymorégulateurs donnent une sensation de faim exacerbée avec l’impression de ne jamais être rassasiée ?

Le mécanisme est biologique et complexe. Il importe d’en discuter avec votre psychiatre car une prise de 5 kg conduit à changer de traitement.

  • Y a t-il un lien avec l’hypothyroïdie et le trouble bipolaire ?

Non mais l’hyperthyroïdie peut être assimilé à un état d’excitation.

  • Un problème de thyroïde peut-il augmenter un état bipolaire  ?

Il est classique de dire que l’hypothyroïdie peut favoriser une accélération des cycles.

  • Le Valpromide a t-il les mêmes effets que le lithium et pourquoi prescrire l’un plutôt que l’autre pour un patient bipolaire ?

Le lithium reste le traitement le plus spécifique mais il est plus difficile à manier. Dans les formes moins graves et moins typiques on préfère souvent le valpromide.

  • Les patients bipolaires sont-ils souvent mythomanes ?

Non ce n’est pas typique.

  • Le trouble bipolaire peut-il entrainer de la fatigue, même en phase de stabilité ?

Le traitement peut provoquer de la fatigue. Dans les intervalles libres il existe souvent des symptômes résiduels.

  • Peut-on être bipolaire et schizophrène en même temps ? Ma sœur qui est décédée tragiquement avait des accès maniaques de dépression avec des périodes ou elle entendait des voix et des moments de délire de persécution, je n’ai jamais vraiment pu savoir exactement !

Oui mais le plus souvent il s’agit d’un schizophrène qui présente des troubles de l’humeur.

  • Quelle est la différence entre un schizophrène et un bipolaire ?

La schizophrénie se caractérise avant tout par la désorganisation de la pensée avec une évolution chronique. Il peut comporter un délire qui est le plus souvent chronique.

  • Vous parlez de différents facteurs, j’entends bien. Justement si fragilité psy + soucis de santé assez grave (endométriose) et environnement stressant : la bipolarité peut-elle se réveiller ?

Ce sont des facteurs déclenchant.

  • Quelle est la différence entre le bipolaire et l’unipolaire ?

L’unipolaire ne fait que des dépressions.

  • Les tests sanguins réguliers sont-ils aussi obligatoires sous Valpromide ?

Il faut surveiller le foie et le formule sanguine.

  • Comment rencontrer le psychiatre de ma mère (dépressive et alcoolique) potentiellement bipolaire, s’il refuse ?

Je pense que votre mère peut demander à son psychiatre de vous recevoir.

  • Pourquoi mon beau père a été diagnostiqué unipolaire, alors qu’il ne fait que des phases maniaques ?

C’est une question de terminologie, mais on parle de bipolarité dans les classifications modernes.

  • Comment savoir qu’on est en phase dépressive ?

On est ralenti, triste, le plus souvent on dort trop, on a perdu ses centres d’intérêt.

  • Que faire quand votre psy refuse de mettre un nom sur votre maladie ? Moi pour combattre, j’aime mieux connaitre l’ennemi…

Demander l’avis à un autre.

Les réponses du Dr Marc Masson, psychiatre

  • Quelle différence entre trouble bipolaire et trouble borderline ?

Le trouble bipolaire est une maladie de l’humeur qui se caractérise par des oscillations pathologiques entre le pôle de l’excitation et celui de la dépression, les épisodes pathologiques durent en général plusieurs jours et leur intensité nécessite souvent des ajustements du traitement voire des hospitalisations. Entre les épisodes, le comportement et l’humeur peuvent être stabilisés dans près de 75% des cas. Le trouble borderline est un trouble dans l’organisation de la personnalité qui se caractérise par différents traits qui sont assez stables : tendance à l’impulsivité, à l’instabilité, à la consommation de produits toxiques, avec une instabilité de l’humeur (tendance dépressive essentiellement). Le diagnostic différentiel entre la maladie maniaco-dépressive (trouble bipolaire) et la personnalité borderline peut être parfois très difficile. C’est alors l’évolution dans le temps et la réponse aux traitements qui permet de faire le distinguo.

  • Un schizophrène a-t-il systématiquement des troubles bipolaires ?

Non une personne schizophrène ne souffre pas systématiquement d’un trouble bipolaire. Toutefois il existe une forme de schizophrénie (dysthymique ou trouble schizoaffectif) qui associe aux symptômes de cette maladie des épisodes maniaques et dépressives. Cette forme particulière de schizophrénie nécessite en plus des traitements antipsychotiques des régulateurs de l’humeur. Enfin une personne schizophrène peut souffrir de dépression (celle-ci est souvent sous-estimée et insuffisamment traitée).

  • Combien de temps doit-on suivre le traitement ? Est-il à vie où peut-on arrêter et reprendre une vie normale ?

Les traitements de la maladie bipolaire sont prescrits pour plusieurs années. Toute diminution de traitement doit être discutée avec votre médecin. Car la plupart des rechutes sont liées à l’arrêt brutal des traitements.

Non. Le traitement médicamenteux est indispensable pour enrayer les épisodes du trouble bipolaire et prévenir les rechutes.

  • La prise d’olanzapine pour mon traitement a entrainé une absence de libido et surtout d’érection. Existe-t-il un autre traitement qui ne comporte pas ce type d’inconvénients ?

Les troubles de la libido peuvent survenir avec certains médicaments. Il est important d’évoquer cette question avec votre médecin pour trouver d’autres possibilités de traitements médicamenteux.

  • Est-ce que les bipolaires peuvent s’en sortir ?

Grâce aux traitements et aux prises en charge actuelles, la maladie bipolaire évolue favorablement ou est bien contrôlée dans 75% des cas.

  • Est-ce qu’on peut avoir seul le lithium ou bien avoir en plus un autre médicament ?

Les cas de figure sont possibles.

  • Qui aller voir en premier un psychiatre ou un psychologue ?

La maladie bipolaire justifie en premier lieu l’orientation vers un médecin psychiatre. Un psychologue peut apporter une aide complémentaire.

  • La bipolarité peut-elle disparaître définitivement chez certaines personnes après un traitement ?

Certaines personnes ne présenteront qu’un seul épisode au cours d’une maladie bipolaire. Mais le traitement doit être conservé plusieurs années avec un suivi régulier dans tous les cas.

  • Le lithium a t-il un équivalent ?

Le lithium est le régulateur de l’humeur de référence pour la forme typique de la maladie maniaco-dépressive. Il existe aujourd’hui une dizaine de régulateurs de l’humeur différents.

  • Je suis bipolaire, je prends du carbamazépine depuis 1 an. Est-ce que ça se prend à vie ?

Le traitement doit être suivi pendant plusieurs années. Toute diminution de dose doit être discutée avec votre médecin.

  • Quels sont les différents types de bipolarité ?

Il existe trois formes principales : le type 1 (avec des phases d’excitation ou maniaque, nécessitant une hospitalisation), le type 2 (avec phases d’excitation modérée et des dépressions), et le type 3 (où les phases pathologiques sont provoquées par des substances (toxiques ou médicamenteuses).

  • Maniaco dépressive ou borderline ? Quelles sont les différences ?

Le trouble maniaco-dépressif est une maladie de l’humeur qui évolue par épisodes, le trouble borderline est un trouble dans l’organisation de la personnalité.

  • Quels sont les médicaments de la bipolarité ? Divalproate de sodium augmente le surpoids et la boulimie ?

Les traitements de la maladie bipolaire sont les régulateurs de l’humeur (il en existe une dizaine aujourd’hui). Les dérivés du Valproate de sodium peuvent entraîner des prises de poids. Il convient d’en parler avec votre médecin.

  • Existe t-il différents degrés de bipolarité, des bipolaires légers ?

Oui il existe à côté de la forme typique de la maladie maniaco-dépressive des formes plus atténuées (inclu dans le spectre bipolaire).

Le plus souvent la maladie se déclare au début de l’âge adulte. Il existe aussi de très rares cas débutant dans l’enfance et des formes à début tardif (après 60 ans).

Non. Mais il existe une forme particulière de schizophrénie (dite dysthymique ou trouble schizoaffectif) où les deux maladies sont associés.

  • Non traité la bipolarité peut-elle s’aggraver ?

Oui. Car le risque de rechute est alors très important et ceci aggrave le pronostic.

  • La PMD est-elle considérée comme une psychose ?

Dans le cadre d’épisodes pathologiques une personne maniaco-dépressive peut présenter des symptômes psychotiques. Mais cette maladie n’est pas a proprement parlé une psychose (terme qui renvoie plutôt aux maladies schizophréniques).

  • Y a t-il un centre de référence à Clermont-Ferrand ?

Oui le service de psychiatrie du Pr. PM Llorca au CHU de Clermont-Ferrand.

  • Un bipolaire peut-il ne pas avoir de phase dépressive ?

Oui, dans tous les types de troubles bipolaires il est possible et fréquent de souffrir d’épisodes dépressifs.

  • Combien de temps dure en général une phase maniaque ?

Avant l’arrivée des médicaments, un épisode maniaque pouvait durer jusqu’à huit mois. Aujourd’hui, en hospitalisation et avec des traitements adaptés un épisode maniaque peut régresser en quelques semaines (3 à 4 environ).

  • Parlez-nous des états mixtes !

Les états mixtes sont des épisodes pathologiques qui associent simultanément des symptômes dépressifs et maniaques.

  • Je n’ai pas eu de réponse sur l’association épileptie et bipolarité !

Les patients épileptiques souffrent souvent d’épisodes dépressifs. Les symptômes bipolaires seraient également assez fréquents (15% des sujets épileptiques) surtout chez les patients souffrant d’épilepsies frontales et temporales.

  • Qui consulter dans le sud-ouest pour notre fille de 13 ans bipolaire ?

Docteur Stéphanie Bioulac, Pr Manuel Bouvard, CHU de Bordeaux.

  • Peut-on voir un jour disparaître les troubles en menant une vie la moins stressante possible ?

Il convient effectivement d’éviter, autant que faire se peut, les évènements stressants. Toutefois, les médicamenteux restent indispensables pour contrôler la maladie.

  • Quels sont les centres de référence à Paris ?

Centre Expert Bipolaire, CHU Chenevrier CRETEIL : Pr. Chantal HENRY, Dr. Bruno ETAIN

  • Le pourcentage de bipolaires dans la population est-il stable ou tend-il à augmenter ?

Il est stable, mais il est plus souvent diagnostiqué : 1% pour la forme typique maniaco-dépressive et 6% de la population générale si on inclut les formes atténuées.

  • Le trouble bipolaire augmente-t-il les addictions ?

Oui les patients bipolaires présentent souvent des addictions associées (30% souffrent de dépendance à l’alcool par exemple).

Les réponses du Dr Charlotte Tourmente

  • C’est quoi la différence entre une personne maniaque et dépressive ? Que fait-elle au juste ?

En phase maniaque, la personne est agitée, irritable, euphorique, excitée, elle parle vite et beaucoup, elle est hyperactive, désinhibée, a une libido exacerbée, etc. En phase dépressive, elle est triste, elle n’a plus d’intérêt pour ce qu’elle aime d’habitude, elle a du mal à faire les activités du quotidien, elle a des difficultés de concentration, elle dort mal (ou beaucoup trop), n’a plus de libido,… Ces symptômes ne sont pas forcément tous présents mais ce sont les plus fréquents.

  • Je n ai pas les moyens de voir un psy et je suis sûre d’être bipolaire ou puis-je consulter gratuitement ou pour pas cher, j’habite Paris ?

Vous pouvez consulter dans les hôpitaux publics (consultations des services de psychiatrie).

  • Le traitement (lithium) peut-il est pris au cours d’un allaitement ?

Non, le lithium passe dans le lait.

  • J’ai une belle fille dont la maman à une maladie de bipolaire est-ce que c’est possible qu’elle soit aussi malade un jour ?

Le risque de développer une maladie bipolaire est plus élevé lorsqu’on a un parent du 1er degré qui est atteint mais d’autres facteurs, biologiques et environnementaux, entrent en jeu.

C’est la même affection.

  • Je dois avouer que j’ai arrêté mon traitement de moi même car je subissais des effets secondaires important mais je désire me reprendre en main justement pour pouvoir avoir une vie de famille et de couple correct ! Je me demande si après un arrêt brutal on peut reprendre ?

Vous pouvez le reprendre si c’est indiqué, votre médecin pourra vous le dire et vous accompagner pour débuter votre traitement.

  • Est-ce que la maladie bipolaire  peut avoir un caractère héréditaire (5 cas dans la famille de mon épouse : la tante de mon beau père, mon beau père, la sœur de ma femme et son fils (suicidé) et mon épouse ces 4 derniers cas diagnostiqués) y a-t-il des recherche dans ce sens ?

Les facteurs génétiques existent en effet. Quand une personne du 1er degré est atteinte, le risque d’en souffrir soi-même est augmenté. Les recherches ont montré qu’il existe des gènes de vulnérabilité et elles ont permis d’identifier la place de ces gènes sur certains chromosomes (ex : 9, 10, 14, 13, 22). Mais ce n’est pas parce que l’on possède des gènes de vulnérabilité que l’on développera la maladie. D’autres pistes sont donc explorées.

  • Dépressions  et phases d’euphories depuis de nombreuses années, je me demande si je ne fais pas partie du monde des bipolaires, je n’ose pas vraiment en parler aux proches et encore moins a mon psychiatre, que faire ?

C’est déjà un 1er pas de poser une question sur ce chat… De quoi avez-vous peur en en parlant ? Vous devriez faire confiance à votre psychiatre, il n’est pas là pour vous juger mais pour vous aider. Avez-vous davantage confiance en votre généraliste ? C’est peut-être à lui qu’il faut en parler. Une prise en charge bien adaptée peut vous changer la vie. Bon courage.

  • Mes deux filles ont des comportements destructeurs sur elles mêmes, elles se grattent et se créent des croûtes sur le visage elles ont des humeurs changeantes, parfois elles sont exubérantes, d’autres fois c’est la déprime complète, étant diagnostiquée bipolaire, le sont-elles elles aussi ?

C’est difficile à dire sans les voir. Elles ont un risque augmenté mais elles agissent peut-être ainsi en réaction à l’adolescence, à votre affection,… En avez-vous parlé au psychiatre qui vous soigne ?

  • Vous parlez de phase maniaque de quelle manière sont ces phases je ne comprends pas très bien ?

Dans une phase maniaque, la personne est souvent euphorique, agitée, irritable, impulsive, parfois violente. Elle peut parler vite et beaucoup, être désinhibée, hyperactive, infatigable. Il y a souvent des insomnies, parfois des dépenses inconsidérées. Son attitude est excessive par rapport à son tempérament habituel.

  • Lors de grosses disputes et en proie à mes ressentiments, je peux soudainement ne plus être dans la tension du sujet et me sentir neutre, comme si de rien n’était… Est-ce un signe de bipolarité ?

Vous savez, on invoque très souvent la bipolarité pour tout et n’importe quoi. Votre « neutralité » est peut-être simplement un moyen de prendre du recul par rapport à la dispute.

  • Le psychiatre ne rencontre la personne à sa demande qu’en phase de dépression, comment peut-il la soigner dans les phases maniaques et la diagnostiquer alors que ce sont des périodes où ces malades ne vont pas chez leur psy ?

Normalement on met en place une thérapie de soutien en phase aiguë mais aussi une psychothérapie au long cours afin d’apprendre au patient à gérer sa maladie. Mais vous avez raison, ce n’est pas facile. Une hospitalisation à la suite d’une crise peut être l’occasion de débuter un traitement.

  • Comment mieux maîtriser ses angoisses pour un bipolaire ?

A l’aide d’un anxiolytique si nécessaire mais surtout grâce à une psychothérapie comportementale et cognitive, vous apprendrez petit à petit à gérer votre angoisse.

  • Pourquoi faut-il faire régulièrement des tests sanguins lorsqu’un patient est sous lithium ?

Parce que des effets toxiques (cardio-vasculaires et neurologiques notamment) peuvent apparaître à des doses proches de la dose normale.

  • Insomniaque depuis plusieurs années, et bipolaire, je prends depuis 3 mois zolpidem avec succès, mais comment pourrais-je retrouver un sommeil correct définitivement et sans médicament ?

Vous pouvez améliorer votre sommeil en respectant certaines règles (pas de repas trop lourd, des horaires réguliers, pas de sport dans la soirée, des activités calmes et apaisantes comme lire, rendre un bain tiède,…). La relaxation, la sophrologie ou l’hypnose vous aiderait sans doute à vous détendre et à mieux gérer votre sommeil. J’ai écrit un article dans mon blog sur le sommeil (il y a un mois ou 2, peut-être plus).

  • Est-ce que l’hyperactivité jusqu’à la grande fatigue, tendinites etc… Est-ce révélateur d’un trouble bipolaire même si je suis très calme avec mon entourage, pondérée et souriante, mais parfois très triste à l’intérieur ?

Ce n’est pas forcément un trouble bipolaire mais vous devriez parler de cette tristesse à votre généraliste ou à un proche au moins. Et découvrir si cette hyperactivité cache une grande angoisse ou pas ?

 

Les réponses d’Alexandra Schaeffer, infirmière psychiatrique

  • Sans phase d’exaltation ou d’euphorie mais seulement d’énervement et colères incontrôlables peut-on faire alors la différence entre troubles de l’humeur et état limite BD c’est-à-dire difficulté à gérer ses émotions ?

La frontière est parfois très mince entre bipolarité et état limite. Seul un psychiatre sera capable d’en juger car il faut d’autres éléments que l’humeur pour poser un diagnostic d’état limite.

  • J’ai 24 ans et je suis bipolaire, je voulais savoir si cette pathologie pouvait être congénitale ?

Ce sont des facteurs bio psycho sociaux qui entrainent cette pathologie.

  • Quelle documentation conseillez-vous aux personnes bipolaires ?

Les livres du Dr Gay Vivre avec un maniaco dépressif et Vivre avec des hauts et des bas.

Les maladies sont très proches ? Un avis psychiatriques est primordial pour poser un diagnostic.

  • Comment la famille peut-elle aider un bipolaire, sachant que sous couvert de secret médical, les médecins rechignent à échanger avec la famille ?

Les médecins ne sont pas sensés rechigner à cela. La famille doit être au cœur de la prise en charge. Insistez !

  • Je viens de regarder votre émission et ce que vous avez décrit correspond à ce que je vis depuis des années et qui s’intensifie aujourd’hui. Dois-je en parler à mon généraliste que je vois tout à l’heure. Mon mari ne comprend pas à ce qui me met en colère je prends cela comme une agression.

Parlez en à votre généraliste qui saura vous orienter.

Difficile de répondre avec peu d’éléments. On peut avoir des sauts d’humeurs, ca arrive à tout le monde. Le terme  » bipolaire » est souvent employé à tort et à travers. Voyez cela avec son médecin.

Non dépression chronique = dépression unipolaire.

  • Existe-t-il un médicament, autre que le lithium, susceptible d’être pris en permanence par les malades bipolaires afin d’éviter les épisodes maniaques ou dépressif ?

Lamictal, tégrétol, depamide, depakote… Il y en a plusieurs.

  • Je souhaite protéger mon frère bipolaire qui ira tout dépenser, je ne sais comment faire ?

Essayer de lui parler avec beaucoup de douceur et de calme. Profitez d’un intervalle libre, c’est à dire, sans phase maniaque ou dépressive, pour parler de cela avec lui.

  • Comment faire comprendre à mon ami que le traitement pharmaceutique ne suffit pas ? J’ai presque envie de faire du chantage ? Son psy ne préconise rien à part en transmettant deux fascicules qu’il n’a pas lu.

Procurez vous des livres sur le sujet, lisez les devant lui, essayer d’aborder le sujet différemment et parlez en avec son médecin.

  • Ma mère a une psychose maniaco-dépressive. Je cherche des conseils pour réagir concrètement au cœur des crises. Sa psychiatre m’a reçue une fois mais à contrecœur et n’a pas lâché un mot. Tout le monde me dit que c’est normal. Moi je ne trouve pas. Qu’en pensez-vous ?

Les psys sont supposés vous informer sur le sujet. Procurez vous des livres sur le sujet : Vivre avec un maniaco dépressif vous éclairera sur le sujet.

  • Ma femme est bipolaire  reconnue et je ne sais pas comment la contenir durant ses phases maniaques. De même durant la dépression je ne sais pas si je dois la secouer ou la laisser ?

Profitez des intervalles libres pour en parler avec elle : qu’est-ce qu’elle attend de vous et qu’est-ce qui peut l’aider dans les phases dépressives et les phases maniaques.

  • J’ai 24 ans et suis dépressive sévère (type mélancolique) depuis 12 ans. On a évoqué une PMD (je n’ai pas de phase maniaque, peut-être quelques phases hypomaniaques durant quelques heures). Malgré une psychothérapie, un traitement antidépresseur et un thymorégulateur ça ne va pas mieux, que faire ?

En parler à votre psychiatre.

  • Je suis sujet à des crises d’angoisse et on m’a mis sous paroxétine pendant 6 mois. Suite à cet AD, j’ai fait un épisode hypomaniaque. Est-ce révélateur d’un trouble bipolaire ?

Des antidépresseurs  à trop forte dose peuvent faire « virer » l’humeur et entrainer un trouble bipolaire de type 3. Parlez en avec votre médecin traitant.

  • Est-ce qu’une phase hypomaniaque conduit systématiquement à la manie ?

Non, pas si elle est soignée à temps.

  • Dans cette maladie, faut-il essayer de trouver l’élément déclencheur (vécu de l’enfance…) pour amoindrir les crises ?

Non pas du tout. Connaitre le passé ne résoudra pas la maladie, se connaitre soi même et savoir ce qui est bon pour soi est primordial.

  • Comment détecter les signes annonciateurs ?

Y réfléchir dessus quant on est en intervalle libre. Demandez à vos proches de vous aider.

  • Que pensez-vous de la luminothérapie pour les phases dépressives ?

C’est un bon moyen, associé à un traitement médicamenteux. Certaines personnes sont plus sujettes que d’autres aux changements de saison

  • Cette maladie est-elle héréditaire ?

Héréditaire, mais pas génétique.

  • Pourquoi est-ce si difficile de détecter une personne souffrant de troubles bipolaires de type II ? J’en souffre moi-même et le valpromide en plus de l’antidépresseur m’a bien stabilisée.

Les patients de type 2 viennent consulter qu’en phase dépressive, jamais en phase hypomaniaque. Cela passe souvent pour une dépression unipolaire.

  • Puis-je avoir l’espoir d’une stabilisation à long terme ?

Oui vous pouvez.

  • Je suis bipolaire mais très peu (pas de crises…), je vis mes moments d’excitation à fond et j’ai peur que mon suivi me rende la vie fade avec les médicaments etc. La bipolarité n’est-elle pas quelque chose de naturelle à l’homme ? Ou est-ce qu’une vraie maladie qui peut s’accentuer avec le temps ?

Hélas, ce trouble risque fort d’handicaper votre vie, si ce n’est déjà le cas. Le but n’est pas de vous mettre « dans un moule » en vous soignant. Le but est d’être bien avec soi même. Les moments d’excitation vont monter de plus en plus si vous ne vous soignez pas.

  • Mon père est bipolaire. Il y a 5 ans notre médecin et moi avons demandé une HDT, il ne m’a jamais pardonné pour cette démarche et dit ne pas être malade. Nous n’avons plus de contact depuis. Est-ce qu’au fond d’elle une personne bipolaire peut ne pas être consciente de sa maladie ?

Oui elle l’est mais parfois c’est plus une question d’acceptation que de conscience.

La « guérison » de la bipolarité n’a pas la même équivalence que celle employé en médecine : avec ce trouble on parle de stabilité. On peut vivre avec ce trouble, être stabilisé.

  • Je suis suivi en thérapie comportementale et cognitive. Je suis sous médication antidépresseur + régulateur de l’humeur, je n’ai jamais eu de phase maniaque, mais la médication a l’air de faire effet. Est-ce possible d’être bipolaire sans phase maniaque ?

Non ce n’est pas possible.

  • Un bipolaire doit-il plutôt être suivi par un psychiatre que par un psychologue ?

Un psychiatre introduit un traitement médicamenteux et une psychothérapie. Le psychologue n’est pas indispensable.

  • Ma belle mère est bipolaire. Depuis des années et malgré un traitement au lithium, elle alterne entre les phases d’excitation et de dépression, et je ne vois aucune amélioration de son état (c’est-à-dire que je ne la vois jamais dans un état dit normal). Quelle évolution possible de sa maladie ?

En suivant son traitement et en ayant une bonne hygiène de vie, les rechutes et récidives sont diminuées.

  • Faut-il en parler à son entourage ? Quid niveau travail ?

Parlez aux personnes que vous aimez et en qui vous avez confiance. C’est indispensable pour qu’ils vous soutiennent et vous comprennent.

  • J’ai fait deux accès maniaques forts mais pas de dépression peut-on me considérer comme bipolaire ? Puis-je rechuter en prenant mon traitement ? Quels sont les signes avant coureurs d’un accès maniaque ?

On en peut vous diagnostiquer bipolaire seulement sur ces deux accès. Les signes avant coureurs sont spécifique à chacun mais la diminution du temps de sommeil, l’humeur irritable et/ou euphorique, la grande activité motrice sont ceux que l’on voit le plus. Voyez cela avec votre médecin.

  • Quand vous parlez de phases maniaques, peut-on parler aussi des phases hypomaniaques ? Il me semble que bien que diagnostiquée bipolaire j’ai eu que des secondes phases avec de très nombreuses périodes dépressives.

Les phases hypomaniaques sont chez les troubles bipolaires de type 2 qui alternent avec des phases dépressives.

  • Si je comprends bien, si on souffre de bipolarité, on ne peut jamais se passer de médicament ?

Il ne faut jamais dire jamais. En tt cas ce qui est aussi primordial que le traitement c’est la bonne hygiène de vie, vous connaitre, savoir vos facteurs de stress et de bien être.

  • Le lithium est-il le seul remède pour soigner la bipolarité avec tous les troubles qu’il génère ?

Non il existe d’autres thymorégulateur. Le lithium est de première intention.

  • Dans l’anamnèse des patients y a t-il des liens entre hyperactivité de l’enfant et bipolarité  de l’adulte ?

Non il n’y pas de liens qui ont été officiellement prouvés.

  • J’ai des hauts et des bas dans mon humeur. Mais sans excès maniaque, suis-je bipolaire  ?

Tout le monde a des hauts et des bas. Le trouble bipolaire est une pathologie bien précise.

  • Peut-on passer dans une même journée plusieurs fois par les différentes phases ? (déprime-excitation-etc ..) ?

C’est un autre trouble de l’humeur mais pas un trouble bipolaire.

  • Vous parlez beaucoup d’hygiène de vie, alors que faire, si en plus la personne est alcoolique, fumeur ?

Quand je dis « hygiène de vie » ce n’est pas « manger 5 fruits et légumes par jour ». C’est se connaitre et savoir ce qui est bon et pas bon pour soi. Quand on a un trouble bipolaire, les toxiques tels que l’alcool, cannabis sont vraiment à prohiber. Il faut savoir qu’un patient bipolaire a une sensibilité au stress, aux toxiques, démultiplié par rapport à quelqu’un qui ne présente pas de trouble.

  • Je suis BP II et le bruit est pour moi un facteur anxiogène. Je travaille dans une école avec beaucoup de bruits et cris d’enfants. Quelle attitude adopter pour que ce bruit m’agresse moins ?

Il y a des choses qu’on ne peut changer : voyez les d’un angle différent : essayez de vous réserver des moments de silence et de tranquillité pendant vos pause repas ou pendant que les enfants sont en récréation par exemple.

  • Une bonne hygiène de vie : éviter le stress entre autre j’imagine ? Mais qu’on y est tout le temps confronté (surtout si on a été habitué à vivre ainsi et qu’on y est plus vulnérable), est-ce que cela peut majorer troubles de l’humeur ou bipolaire ?

Evidemment que la société d’aujourd’hui est stressante. Il faut apprendre à se ménager des soupapes, des moments de détente qui vous sont propres.

Les pathologies infantiles sont différentes des adultes et difficiles à diagnostiquer, en ce qui concerne le trouble bipolaire des éléments peuvent orienter en fin d’adolescence.

  • Comment déjouer la trop grande assurance du maniaque pour lui faire prendre conscience qu’il ne va pas bien ?

En pleine phase maniaque c’est impossible. Cela fait partie de la symptomatologie.

  • Je suis sous olanzapine depuis 2005, j’ai pris énormément de poids, je fais presque 80 kg, est-ce qu’il est possible de remplacer l’olanzapine par un autre traitement, si oui lequel ? Et est-il aussi efficace ? Pour pouvoir enfin perdre du poids.

Il existe d’autres molécules. Parlez en avec votre psy.

  • Pourquoi faut-il attendre 8 ou 10 ans pour être diagnostiqué ?

Car la pathologie peut-être confondue avec une autre pathologie psy.

  • Le fait de se démarquer par des tenues exubérantes, des piercings, des tatoos, surtout en mode maniaque est-il répandu dans les troubles bipolaires ?

Non et inversement tout les gens qui présentent ces tenues ne sont pas bipolaires.

  • Les régulateurs de l’humeur peuvent ils annihiler les émotions ?

Non pas du tout. Le but des ces traitements est d’être équilibré. Les thymorégulateurs ne vous empêcheront pas de ressentir de la joie quand vous êtes heureux. Ils canalisent l’humeur pour éviter les débordements.

  • Est-il possible que la bipolarité soit endormie en nous et puisse se réveiller dans quelques années par exemple ? C’est-à-dire qu’elle serait en nous, qu’on essaie de la dompter mais un jour incontrôlable ?

On peut avoir une fragilité psychologique. Mais il doit y avoir plusieurs facteurs, bio, psycho et sociaux pour déclencher le trouble.

  • La paranoïa fait-elle partie des symptômes ?

Il y aune liste de symptômes pour le trouble bipolaire mais il y aussi des symptômes propres a chacun. La paranoïa peut en faire parti pour certains mais pas pour d’autres.

  • Est-il conseillé que la famille proche d’un patient bipolaire prenne contact avec son psychiatre sachant que le patient est contre ? Le psychiatre est-il obligé d’en informer le patient ?

Rien ne doit être fait dans le dos du patient, c’est important. Parlez en avec lui.

  • Je crois avoir lu que les troubles bipolaires et la schizophrénie auraient certains gènes en commun, est-ce vrai ?

Oui il y a des ressemblances, surtout lors des phases maniaques avec des symptômes psychiques type hallucinations auditives par exemple.

  • Etat limite et bipolaire c’est pareil ?

Non mais les frontières sont minces. On peut avoir les deux troubles a la fois.

Pas sans traitements.

  • Peut on être présent avec son mari bipolaire lors d’une consultation chez un psy ?

Si votre mari est d’accord oui. C’est un entretien familial. Je le répète encore une fois : la famille et les proches sont indispensables dans la prise en charge du trouble.

  • Quelle est la différence entre héréditaire et génétique (ma mère étant bipolaire), le serais-je aussi ?

Ce n’est pas parce que votre mère a un trouble BP que vous l’aurez. Héréditaire = fragilité.

Oui. Si le dosage est trop élevé, vous pouvez vous retrouvez en phase hypomaniaque et risquez un trouble bipolaire mais ce n’est pas systématique. D’où l’importance de ne pas faire d’automédication avec les antidépresseurs.

  • Comment faire reconnaître sa maladie à une femme bipolaire qui refuse car elle est bien mais critique tout le monde sauf sa famille proche et encore..?

Il faut un avis psy, il faut essayer qu’elle consulte.

  • Par période : humeur variante, je dors mal, fatigue chronique. A 22 ans des études qui ne m’intéressent plus, vivre chez ma mère me pèse, souvenir d’une déception amoureuse, achats en cas de déprime pour aller mieux, mon cadre de vie ne me satisfait pas ou suis-je bipolaire/ lunatique …?

Difficile de vous les dire avec quelques lignes. Consultez un psy, ce serait le mieux.

  • Un délire peut-il caractériser un trouble bipolaire ?

Non le délire est présent dans beaucoup de pathologies psychiatriques.

  • Comment être pris au sérieux par un psy en chat ?

Le chat n’est pas une consultation. Je peux vous aguiller dans vos soucis mais pour le reste il faut consulter un spécialiste.

  • Est-ce que les cachets contre la maladie peuvent provoquer des TS ?

Non.

  • Est-ce que la prise de cannabis peut déclencher la maladie ?

Le cannabis peut déclencher des maladies psychiatriques en général et des troubles de concentration, de mémoire…etc

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